Bilan 2001 des changements climatiques :
Conséquences, adaptation et vulnérabilité

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Tableau SPM 2 : Capacité d'adaptation, vulnérabilité et autres questions d'importance, par régiona,b

Region Capacité d'adaptation, vulnérabilité et autres questions d'importance

 
Afrique
  • En Afrique, la capacité d’adaptation des systèmes humains est limitée par le manque de ressources économiques et techniques, et la vulnérabilité est accentuée par la forte dépendance à l’égard des cultures pluviales, par la recrudescence des sécheresses et des crues et par la pauvreté. [5.1.7]
  • Selon les projections correspondant à de nombreux scénarios, les rendements en céréales devraient diminuer, ce qui devrait avoir un effet préjudiciable sur la sécurité alimentaire, notamment dans les petits pays importateurs de produits alimentaires (degré de confiance moyen à élevé6). [5.1.2]
  • Les grands cours d’eau africains sont extrêmement sensibles aux variations du climat; l’écoulement moyen et les ressources en eau devraient diminuer dans les pays méditerranéens et les pays d’Afrique australe (degré de confiance moyen6). [5.1.1]
  • L’extension des aires de distribution géographique d’un certain nombre de vecteurs de maladies infectieuses aura un effet préjudiciable sur la santé des Africains (degré de confiance moyen6). [5.1.4]
  • La désertification progressera par suite de la réduction de la pluviosité annuelle moyenne, de l’écoulement et de l’humidité du sol, notamment en Afrique australe, septentrionale et occidentale (degré de confiance moyen6). [5.1.6]
  • L’ampleur et la fréquence accrues des sécheresses, des inondations et autres événements extrêmes accentueront les contraintes subies par les ressources en eau et les infrastructures ainsi que les atteintes à la sécurité alimentaire et à la santé et freineront en outre le développement du continent africain (degré de confiance élevé6). [5.1]
  • Selon les projections effectuées, plusieurs espèces végétales et animales devraient disparaître, avec de lourdes conséquences pour les moyens de subsistance en milieu rural, le tourisme et les ressources génétiques (degré de confiance moyen6). [5.1.3]
  • L’élévation du niveau de la mer par submersion et érosion des côtes aura un effet néfaste sur les établissements humains côtiers, notamment dans le golfe de Guinée, au Sénégal, en Gambie, en Egypte et le long du littoral de l’Afrique australe et orientale (degré de confiance élevé6). [5.1.5]
Asie
  • Dans les pays asiatiques en développement, les systèmes humains font preuve d’une capacité d’adaptation limitée et d’une grande vulnérabilité; quant aux pays développés, ils sont moins vulnérables et devraient mieux s’adapter au changement climatique. [5.2.7]
  • L’Asie tempérée et tropicale doit faire face à une intensification des événements extrêmes (inondations, sécheresses, incendies de forêt, cyclones tropicaux, etc.) (degré de confiance élevé6). [5.2.4]
  • La baisse de la productivité agricole et les difficultés de l’aquiculture dues aux agressions thermiques et au stress hydrique, à l’élévation du niveau de la mer, aux inondations, aux sécheresses et aux cyclones tropicaux porteront atteinte à la sécurité alimentaire dans de nombreux pays d’Asie aride, tropicale et tempérée; par contre, l’agriculture se développera et deviendra plus productive dans les régions septentrionales (degré de confiance moyen6). [5.2.1]
  • L’écoulement et les ressources en eau pourraient se réduire en Asie aride et semi-aride, mais augmenter en Asie septentrionale (degré de confiance moyen6). [5.2.3]
  • Dans certaines parties de l’Asie, l’exposition accrue aux maladies infectieuses à transmission vectorielle et aux agressions thermiques pourrait avoir des effets néfastes sur la santé (degré de confiance moyen6). [5.2.6]
  • Dans les basses terres littorales de l’Asie tempérée et tropicale, l’élévation du niveau de la mer et l’intensité accrue des cyclones tropicaux provoqueront le déplacement de dizaines de millions de personnes; de plus, l’intensité accrue des précipitations devrait augmenter les risques d’inondations en Asie tempérée et tropicale (degré de confiance élevé6). [5.2.5 et Tableau TS-8]
  • Le changement climatique amplifiera la demande d’énergie, aura un effet préjudiciable sur le tourisme et influera sur les transports dans certaines régions d’Asie (degré de confiance moyen6). [5.2.4 et 5.2.7]
  • Le changement climatique accentuera les menaces que les changements d’affectation des terres, les modifications de la couverture du sol et la pression démographique font peser sur la diversité biologique en Asie (degré de confiance moyen6). L’élévation du niveau de la mer menacera en outre la sécurité écologique, notamment pour ce qui concerne les mangroves et les récifs coralliens (degré de confiance élevé6). [5.2.2]
  • Le recul vers le pôle de la limite méridionale des zones à pergélisol contribuera à modifier le thermokarst et à accentuer l’érosion thermique, avec des conséquences néfastes pour l’infrastructure sociale et les industries (degré de confiance moyen6). [5.2.2]
Australie et Nouvelle-Zélande
  • En Australie et en Nouvelle-Zélande, les systèmes humains font généralement preuve d’une grande capacité d’adaptation, à l’exception de quelques groupes – dont les populations autochtones présentes dans certaines régions – qui ont du mal à s’adapter et qui sont par conséquent très vulnérables. [5.3 et 5.3.5]
  • Bien que les changements climatiques et l’augmentation de la concentration de CO2 qui en découle puissent avoir, dans un premier temps, un effet positif sur certaines cultures de climat tempéré, cette influence devrait par la suite se révéler négative dans certaines zones et pour certaines cultures (degré de confiance moyen6). [5.3.3]
  • Il est probable que l’eau jouera un rôle clé (degré de confiance élevé66), compte tenu des tendances à la sécheresse mises en lumière par les projections pour la majeure partie de la région ainsi que de l’évolution vers une situation moyenne caractérisée par une prédominance accrue du phénomène El Niño. [5.3 et 5.3.1]
  • L’intensification des précipitations et des cyclones tropicaux (degré de confiance moyen6) et les modifications à l’échelle régionale de la fréquence de ces cyclones exposeront les personnes, les biens et les écosystèmes à des risques accrus de dommages causés par les inondations, les ondes de tempête et les vents violents. [5.3.4]
  • Certaines espèces aux niches climatiques peu étendues et qui sont incapables de migrer par suite du morcellement du milieu naturel, de la disparité des sols ou du relief seront menacées d’extinction (degré de confiance élevé66). Parmi les écosystèmes australiens particulièrement vulnérables aux changements climatiques figurent les récifs coralliens, les habitats arides et semi-arides du sud-ouest ainsi que de l’intérieur de l’Australie et les systèmes alpins australiens. Les zones humides riches en eau douce des littoraux australien et néo-zélandais sont particulièrement fragiles, et certains écosystèmes de la Nouvelle-Zélande sont vulnérables à une prolifération accrue des mauvaises herbes. [5.3.2]
Europe
  • En Europe, les systèmes humains font généralement preuve d’une grande capacité d’adaptation; toutefois, l’Europe méridionale et la partie européenne de l’Arctique sont plus fragiles que le reste du continent. [5.4 et 5.4.6]
  • Il est probable qu’en été, l’écoulement, les ressources en eau et l’humidité des sols diminueront en Europe méridionale, ce qui contribuera à creuser l’écart entre le nord de l’Europe et le sud, sujet à la sécheresse; il est également probable que ces mêmes facteurs augmenteront en hiver, aussi bien dans le nord que dans le sud du continent européen (degré de confiance élevé6). [5.4.1]
  • La moitié des glaciers alpins et une grande partie du pergélisol pourraient disparaître d’ici la fin du XXIe siècle (degré de confiance moyen6). [5.4.1]
  • Les risques de crue augmenteront dans presque toute l’Europe (degré de confiance moyen à élevé6); dans les zones côtières, les risques d’inondation, d’érosion et de disparition de terres humides augmenteront considérablement, avec de lourdes conséquences pour les établissements humains, l’industrie, le tourisme, l’agriculture et les habitats naturels côtiers. [5.4.1 and 5.4.4]
  • Les changements climatiques auront quelques effets globalement positifs sur l’agriculture dans le nord de l’Europe (degré de confiance moyen6); la productivité diminuera en Europe méridionale et orientale (degré de confiance moyen6). [5.4.3]
  • Les zones biotiques gagneront de l’altitude et se déplaceront vers le nord. La disparition d’habitats importants (zones humides, toundra, habitats isolés) menacera certaines espèces (degré de confiance élevé6). [5.4.2]
  • Les hausses de température et les vagues de chaleur pourraient modifier les destinations habituelles du tourisme estival, et l’enneigement moins régulier risque d’avoir un effet négatif sur le tourisme hivernal (degré de confiance moyen6). [5.4.4]
Amérique latine
  • En Amérique latine, les systèmes humains ont une faible capacité d’adaptation, notamment aux phénomènes climatiques extrêmes, et sont donc très vulnérables. [5.5]
  • Le recul des glaciers aura un effet défavorable sur l’écoulement et l’approvisionnement en eau dans les zones où l’eau de fonte représente une importante ressource en eau (degré de confiance élevé6). [5.5.1]
  • Les inondations et les sécheresses seront plus fréquentes, et les crues auront pour effet d’augmenter la charge solide et d’altérer la qualité de l’eau dans certaines régions (degré de confiance élevé6). [5.5]
  • L’intensité accrue des cyclones tropicaux accentuera les risques de dommages causés aux personnes, aux biens et aux écosystèmes par les fortes précipitations, les inondations, les ondes de tempête et les vents violents (degré de confiance élevé6). [5.5]
  • Le rendement des principales cultures devrait diminuer en de nombreux endroits, même si l’on tient compte des effets de l’augmentation de la teneur en CO2; de plus, l’agriculture de subsistance pourrait être menacée dans certaines régions de l’Amérique latine (degré de confiance élevé6). [5.5.4]
  • Les aires de distribution géographique des maladies infectieuses à transmission vectorielle gagneront de l’altitude et se déplaceront vers le pôle, et les populations seront davantage exposées à des maladies telles que le paludisme, la dengue ou le choléra (degré de confiance moyen6). [5.5.5]
  • L’élévation du niveau de la mer aura un effet préjudiciable sur les établissements humains côtiers, les activités productives, l’infrastructure et les écosystèmes propres aux mangroves (degré de confiance moyen6). [5.5.3]
  • L’atteinte à la diversité biologique s’accentuera (degré de confiance élevé6). [5.5.2]
Amérique du Nord
  • En Amérique du Nord, bien que les systèmes humains fassent généralement preuve d’une grande capacité d’adaptation et soient peu vulnérables, certaines communautés (par exemple les populations autochtones et les communautés qui sont tributaires de ressources sensibles au climat) sont plus vulnérables; de plus, l’évolution de la situation sociale, économique et démographique va de pair avec une évolution de la vulnérabilité à l’échelle sous-régionale. [5.6 et 5.6.1]
  • Si le léger réchauffement et l’augmentation de la concentration de CO2 seront favorables à certaines cultures, leurs effets varieront selon les cultures et les régions (degré élevé de confiance6). C’est ainsi qu’on pourrait observer une diminution des rendements due à la sécheresse dans certaines parties des Prairies canadiennes et des Grandes Plaines américaines, une augmentation possible de la production vivrière dans certaines régions du Canada situées au nord des aires de production actuelles et un accroissement de la production forestière à partir d’essences mixtes caractéristiques d’un climat chaud à tempéré (degré de confiance moyen6). Toutefois, ces effets seront de moins en moins favorables aux cultures à mesure que le réchauffement se poursuivra et pourraient même devenir globalement négatifs (degré de confiance moyen6). [5.6.4]
  • Dans la partie ouest de l’Amérique du Nord, les bassins versants, principalement alimentés par la fonte des neiges, connaîtront des débits de pointe plus précoces au printemps (degré de confiance élevé6) et de moindres débits estivaux (degré de confiance moyen6); de plus, selon la plupart des scénarios, on assistera à une baisse du niveau des Grands Lacs et à une diminution du débit du Saint- Laurent (degré de confiance moyen6). Desréactions adaptatives permettront de contrebalancer une partie – mais non pas la totalité – des effets de ces changements sur les utilisateurs des ressources en eau et les écosystèmes aquatiques (degré de confiance moyen6). [5.6.2]
  • Certains écosystèmes naturels uniques en leur genre tels que les prairies humides, la toundra alpine ou les écosystèmes d’eaux froides seront menacés, et il est peu probable qu’ils parviennent à s’adapter de façon efficace (degré de confiance moyen6). [5.6.5
  • L’élévation du niveau de la mer entraînera une intensification de l’érosion des côtes, des inondations dans les zones côtières et un accroissement des risques liés aux ondes de tempête, notamment en Floride et sur la presque totalité du littoral atlantique des Etats-Unis d’Amérique (degré de confiance élevé6). [5.6.1]
  • En Amérique du Nord, les sinistres assurés d’origine météorologique et les allocations publiques de secours aux victimes de catastrophes sont en augmentation; le secteur des assurances n’ayant pas encore systématiquement pris en compte les informations sur les changements climatiques dans ses prévisions, certaines surprises ne sont pas exclues (degré de confiance élevé6). [5.6.1]
  • Des maladies à transmission vectorielle telles que le paludisme, la dengue ou la maladie de Lyme pourraient prendre de l’ampleur, et l’on pourrait assister à une progression de la mortalité et de la morbidité par suite de la pollution de l’air et des agressions thermiques (degré de confiance moyen6); les facteurs socio-économiques et les mesures de santé publique joueront un grand rôle dans la détermination de la nature et de l’ampleur des effets des changements climatiques sur la santé. [5.6.6]
Régions polaires
  • Les systèmes naturels des régions polaires sont extrêmement vulnérables aux changements climatiques, et les écosystèmes actuels ont une faible capacité d’adaptation; s’il est probable que les communautés dotées d’importants moyens technologiques s’adapteront aisément à l’évolution du climat, certaines communautés autochtones attachées à leurs modes de vie traditionnels ont une faible capacité d’adaptation et ne disposent guère de solutions en la matière.[5.7]
  • Dans les régions polaires, le changement climatique devrait être plus marqué et plus rapide qu’en tout autre endroit de la planète et aura d’importantes répercussions physiques, écologiques, sociologiques et économiques, notamment dans l’Arctique, la péninsule antarctique et l’océan Austral (degré de confiance élevé6). [5.7]
  • Les changements climatiques qui ont déjà eu lieu se sont manifestés par une diminution de l’étendue et de l’épaisseur des glaces de mer arctiques, un dégel du pergélisol, une érosion des côtes, des modifications des nappes glaciaires et des plates-formes de glace et un changement de la distribution et de l’abondance des espèces présentes dans les régions polaires (degré de confiance élevé6). [5.7]
  • Certains écosystèmes polaires pourraient s’adapter par le biais d’un possible remplacement par migration des espèces, d’une modification de la composition taxinomique et, éventuellement, d’une augmentation de la productivité globale; les écosystèmes qui se trouvent à la lisière des glaces et qui hébergent certaines espèces seront menacés (degré de confiance moyen6). [5.7]
  • Un certain nombre de moteurs essentiels du changement climatique se trouvent dans les régions polaires. Une fois en marche, ils pourraient continuer d’exercer leur action pendant des siècles – bien après que les concentrations des gaz à effet de serre auront été stabilisées – et d’avoir des effets irréversibles sur les nappes glaciaires, la circulation océanique à l’échelle du globe et l’élévation du niveau de la mer (degré de confiance moyen6). [5.7]
Petits Etats insulaires
  • Dans les petits Etats insulaires, les systèmes humains font généralement preuve d’une capacité d’adaptation limitée et sont très vulnérables; selon toute probabilité, ces Etats compteront parmi les pays les plus gravement touchés par les changements climatiques. [5.8]
  • L’élévation du niveau de la mer, qui devrait atteindre cinq millimètres par an durant les 100 prochaines années selon les projections, aura pour effet d’intensifier l’érosion côtière, de faire disparaître un certain nombre de terres et de biens, de provoquer le déplacement de nombreuses personnes, d’augmenter les risques liés aux ondes de tempête, de réduire la résilience des écosystèmes côtiers, de favoriser l’invasion d’eau salée dans les réserves d’eau douce et de nécessiter la mobilisation de ressources considérables pour faire face et s’adapter à ces changements (degré de confiance élevé6). [5.8.2 and 5.8.5]
  • Les îles disposant de ressources réduites en eau douce sont particulièrement vulnérables aux incidences du changement climatique sur le bilan hydrique (degré de confiance élevé6). [5.8.4]
  • Les récifs coralliens seront exposés au blanchissement et à une réduction du taux de calcification due à l’augmentation de la concentration de CO2 (degré de confiance moyen6); de plus, la hausse des températures et l’élévation accélérée du niveau de la mer auront un effet néfaste sur les mangroves, les prairies sous-marines et autres écosystèmes côtiers ainsi que sur la diversité biologique connexe (degré de confiance moyen6). [4.4 et 5.8.3]
  • La dégradation des écosystèmes côtiers aura un effet négatif sur les populations de poissons de récifs, sur ceux qui tirent leur subsistance de la pêche de ces poissons et sur ceux qui s’en nourrissent (degré de confiance moyen6). [4.4 et 5.8.4]
  • La faible étendue des terres cultivables et la salinisation des sols font que l’agriculture des petits Etats insulaires, que ce soit pour la production alimentaire intérieure ou pour l’exportation de cultures de rapport, est extrêmement vulnérable aux changements climatiques (degré de confiance élevé6). [5.8.4]]
  • Les changements climatiques et l’élévation du niveau de la mer perturberont grandement le tourisme, qui constitue une source importante de revenus et de devises dans de nombreuses îles (degré de confiance élevé6). [5.8.5]

a. Parce que les études disponibles ne sont pas fondées sur les mêmes scénarios climatiques ni sur les mêmes méthodes et que de nombreuses incertitudes persistent quant à la sensibilité et à capacité d’adaptation des systèmes naturels et sociaux, l’évaluation des vulnérabilités à l’échelle régionale est nécessairement qualitative.
b. Les limites géographiques des régions mentionnées dans le tableau SPM 2 sont indiquées à la figure TS 2 du Résumé technique.


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