Bilan 2001 des changements climatiques :
Rapport de synthèse
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7.1

Cette question porte essentiellement sur les possibilités d’atténuation, et sur leurs coûts, à court et long terme. La question des bénéfices fondamentaux de l’atténuation (prévention des coûts et des dommages, évités grâce au ralentissement des changements climatiques) est examinée aux Questions 5 et 6, et celle des bénéfices accessoires de l’atténuation est examinée dans la présente réponse et à la Question 8. La présente réponse décrit divers facteurs à l’origine de différences et d’incertitudes importantes en matière d’estimation quantitative des coûts des options d’atténuation. Le DRE décrivait deux types d’études pour l’estimation des coûts : les études ascendantes, qui évaluent souvent les coûts et les possibilités à court terme, et qui sont basées sur l’évaluation de technologies et de secteurs spécifiques, et les études descendantes, basées sur des rapports macro-économiques. Ces deux types d’études ont conduit à des différences des estimations des coûts, différences qui ont diminué depuis le DRE. La réponse ci-dessous porte sur des estimations de coûts à court terme, à partir des deux types d’études, et à long terme, à partir des études descendantes. Les options d’atténuation susceptibles de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au piégeage du carbone sont examinées en premier. Viennent ensuite une analyse des coûts des réductions d’émissions conformes aux objectifs de réduction à court terme et à la réalisation des objectifs de stabilisation à long terme, et de l’échelonnement dans le temps des réductions pour parvenir à ces objectifs. Une discussion sur l’équité et ses liens avec l’atténuation des changements climatiques conclut la présente réponse.


 

 

Possibilités, obstacles, opportunités, mesures d’intervention et coûts de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à court terme


 

7.2

Il existe de nombreuses possibilités technologiques et biologiques pour réduire les émissions à court terme.

 
7.3

D’importants progrès technologiques pertinents pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre ont été réalisés depuis le DRE, et ceci plus rapidement que prévu. Des progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines technologiques, à divers stades du développement — par exemple, la commercialisation de turbines à vent, l’élimination rapide des gaz dérivés industriels, tels que le N2O de la production d’acide adipique et les perfluorocarbures pour la production de l’aluminium, la création de véhicules à moteurs hybrides performants, l’amélioration de la technologie des piles à combustibles, ou la démonstration de stockage souterrain du CO2. Les options technologiques pour la réduction des émissions incluent l’amélioration de l’efficacité des dispositifs d’utilisation finale et les technologies de conversion/transformation énergétique, le passage à des technologies sans carbone ou à faible teneur en carbone, une meilleure gestion énergétique, la réduction des produits dérivés industriels et des émissions de gaz de processus, et l’élimination et le stockage du carbone. Le Tableau 7–1 résume les résultats de nombreuses études sectorielles, principalement au niveau des projets, national, régional, et pour certains au niveau mondial, et présente des estimations de réductions potentielles des émissions de gaz à effet de serre pour la période d’ici 2010 et 2020.

GTIII TRE Sections 3.3-8, & GTIII TRE Chapitre 3 Annexe
7.4

D’importantes possibilités d’atténuation des émissions de carbone existent au sein des forêts, terres agricoles et autres écosystèmes terrestres. La conservation et le piégeage du carbone, sans être nécessairement permanents, peuvent permettre d’attendre le développement et la mise en œuvre d’autres options (voir Tableau 7-2). Il peut y avoir trois stratégies d’atténuation biologique : (a) la conservation des bassins de carbone existants, (b) le piégeage par l’accroissement des bassins de carbone13, et (c) le remplacement par des produits biologiques produits durablement (bois pour des produits de construction à forte consommation d’énergie, et biomasse pour combustibles fossiles, par exemple). La préservation des bassins de carbone menacés peut contribuer à la prévention des émissions, à condition de prévenir les fuites, et ne peut être durable qu’à condition d’éliminer les moteurs socio-économiques du déboisement et autres facteurs d’appauvrissement des bassins de carbone. Le piégeage du carbone reflète les facteurs biologiques dynamiques de la croissance, débutant souvent lentement, culminant, puis déclinant pendant des décennies, voire des siècles. Le potentiel mondial des options d’atténuation biologique serait de l’ordre de 100 Gt C (cumulatif) en 2050, soit environ 10 à 20 % des émissions de combustibles fossiles prévues pendant cette période, bien que ces estimations soient entachées de beaucoup d’incertitudes. L’exploitation de ce potentiel dépend de la disponibilité des terres et de l’eau, ainsi que du rythme de l’adoption des méthodes de gestion des terres. Les régions subtropicales et tropicales offrent le plus important potentiel biologique pour l’atténuation du carbone atmosphérique.

GTIII TRE Sections 3.6.4 & 4.2-4, & RSUTCATF
 
Tableau 7–1 Estimations des réductions potentielles des émissions de gaz à effet de serre en 2010 et en 2020. (GTIII RID Tableau RID-1).
Secteur

Emissions historiques en 1990 [Mt Ceq an1]

Taux de croissance annuel Ceq historique entre 1990 et 1995 [%]

Réductions potentielles des émissions en 2010 [Mt Ceq an-1]

Réductions potentielles des émissions en 2020 [Mt Ceq an-1]

Coûts nets directs par tonne de carbone prévenue

Bâtimentsa
  CO2 uniquement

1,650

1.0

700-750

1,000-1,100
La plupart des réductions peuvent être obtenues à des coûts nets directs négatifs.
Transport
CO2 uniquement


1,080


2.4

100-300

300-700
La plupart des études indiquent des coûts nets directs inférieurs à 25 dollars américains par t C, mais deux études indiquent des coûts nets directs supérieurs à 50 dollars américains par t C.
Industrie
CO2 uniquement
- Efficacité énergétique
- Efficacité matérielle

2,300

0.4


300-500

~200


700-900

~600


Plus de la moitié des réductions peuvent être obtenues à des coûts nets directs négatifs. Les coûts sont incertains.
Industrie
  Gaz sans CO2


170

 
~100

~100
Les coûts des réductions des émissions de N2O sont de 0 à 10 dollars américains par t Ceq.
Agricultureb
  CO2 uniquement
 Gaz sans CO2

210
1,250-2,800


n/a


150-300


350-750
La plupart des réductions coûteront entre 0 à 100 dollars américains par t Ceq, avec quelques possibilités d’options à coûts nets directs négatifs.
Déchetsbb
  CH4 uniquement

240

1.0

~200

~200

Environ 75 % des économies par récupération du CH4 des décharges à des coûts nets directs négatifs ; 25 % à un coût de 20 dollars américains par t Ceq.

Applications de substitution conformément au Protocole de Montréal
  Gaz sans CO2




0




n/a




~100




n/a
Environ la moitié des réductions résulte des différences entre les valeurs de référence de l’étude et les valeurs de référence du RSSE. L’autre moitié des réductions est réalisable à des coûts nets directs inférieurs à 200 dollars américains par t Ceq.
Approvisionnement et changement des sources énergétiquesc
  CO2 uniquement



(1,620)



1.5



50-150



350-700
Il existe quelques options à coûts nets directs négatifs ; un grand nombre d’options sont réalisables pour moins de 100 dollars américains par t Ceq.
Total 6,900-8,400d
1,900-2,600e 3,600-5,050e  

a. Bâtiments inclut les appareils, les bâtiments et le gros œuvre.
b. La fourchette pour l’agriculture est due principalement aux incertitudes importantes concernant le CH4 , N2O, et les émissions de CO2 d’origine terrestre. Le secteur des déchets est dominé par les décharges produisant du méthane ; les autres secteurs peuvent être estimés avec plus de précision car ils sont dominés par le CO2 des combustibles fossiles.
c. Inclus dans les valeurs du secteur ci-dessus. Les réductions incluent uniquement les options génératrices d’électricité (changement de combustible : passage au gaz/combustible nucléaire, piégeage et stockage du CO2, amélioration de l’efficacité des centrales, et énergies renouvelables).
d. Le total inclut tous les secteurs examinés dans le GTIII TRE Chapitre 3 pour les six gaz. Il n’inclut pas les sources de CO2 non liées à l’énergie (production de ciment, 160 Mt C ; torchères de gaz, 60 Mt C ; et changements d’affectation des terres, 600–1 400 Mt C) et l’énergie utilisée pour le passage à d’autres combustibles dans le secteur d’utilisation finale s’élève à (630 Mt C). Si l’on y ajoute le raffinage du pétrole et le gaz des fours à coke, les émissions annuelles mondiales de CO2 pour 1990, soit 7 100 Mt C, augmenteraient de 12 %. On notera que les émissions par les forêts et les options de piégeage du carbone ne sont pas incluses.
e. Les scénarios de référence du RSSE (pour les six gaz inclus dans le Protocole de Kyoto) prévoient une fourchette d’émissions de 11 500 à 14 000 Mt Ceq pour 2010, et de 12 000 à 16 000 Mt Ceq pour 2020. Les estimations de réduction des émissions sont les plus compatibles avec les tendances d’émissions de référence dans le scénario B2 du RSSE. Les réductions potentielles tiennent compte de la rotation normale du capital. Elles ne sont pas limitées aux options rentables, mais excluent des options dont les coûts sont supérieurs à 100 dollars américains t Ceq (sauf pour les gaz du Protocole de Montréal) ou des options qui ne seront pas adoptées par la mise en œuvre de politiques généralement acceptées.

 


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