Bilan 2001 des changements climatiques :
Rapport de synthèse
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Intégration de considérations à court et long terme

 
7.30

La prise de décisions dans le domaine des changements climatiques est fondamentalement un processus séquentiel soumis à des incertitudes générales. Le processus décisionnel doit à tout moment équilibrer les risques de mesures insuffisantes ou excessives.

 
7.31

Le développement d’une stratégie prudente de gestion des risques nécessite l’étude attentive des conséquences (environnementales et économiques), de leur probabilité, et de l’attitude de la société vis-à-vis des risques. Cette attitude variera probablement d’un pays à l’autre, et peut-être même d’une génération à l’autre. Par conséquent, le présent rapport confirme les conclusions du DRE qui soulignent l’importance probable de la valeur d’une meilleure information sur les processus et les incidences des changements climatiques et des réponses sociétales. Les décisions sur des mesures d’intervention climatiques à court terme sont en cours d’élaboration alors que les objectifs de stabilisation des concentrations font encore l’objet de débats. La littérature recommande une résolution progressive, visant à la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre, ainsi qu’un équilibre entre les risques d’une action excessive ou insuffisante. La question pertinente n’est pas « quel est la meilleure politique à adopter pour les cent prochaines années », mais plutôt « quelle est la meilleure politique à adopter à court terme étant donné les changements climatiques à long terme prévus et les incertitudes connexes ».

GTIII TRE Section 10.4.3

 

7.32

La stabilisation des concentrations atmosphériques exigera des réductions d’émissions au-delà de celles imposées par le Protocole de Kyoto. Selon la plupart des analyses postérieures aux scénarios du RSSE, une stabilisation à 450 ppmv pourrait exiger des réductions des émissions, pendant la période 2008 à 2012, dans les pays visés à l’Annexe I, beaucoup plus importantes que celles imposées par le Protocole de Kyoto. Ces analyses montrent également la cohérence qui existe entre la réalisation de l’ensemble des objectifs de Kyoto et la voie conduisant à une stabilisation égale ou supérieure à 550 ppmv. D’autres analyses indiquent un écart plus progressif par rapport aux niveaux de référence des émissions, même pour 450 ppmv, suivi de réductions plus marquées au cours des périodes budgétaires ultérieures. La voie est influencée par la représentation de l’inertie dans le système et des attentes sur l’effet des réductions initiales par les pays visés à l’Annexe I sur le degré et l’ampleur des réductions d’émissions ultérieures.

GTIII TRE Sections 2.5.2 & 8.4

 

7.33

L’atténuation des changements climatiques soulève des questions d’équité entre les régions et dans le temps.

 
7.34

Les différences en matière de répartition des ressources technologiques, naturelles et financières au sein des nations et des régions, et entre elles, et entre les générations, ainsi que les différences au niveau des coûts d’atténuation, sont souvent des points clés dans l’analyse des options d’atténuation des changements climatiques. Une grande partie du débat sur une différentiation éventuelle des contributions des pays à l’atténuation, ainsi que sur des questions d’équité connexes, examine également ces circonstances22. La question des changements climatiques soulève un point d’équité qui ne peut pas être ignoré, à savoir dans quelle mesure les effets des changements climatiques ou des mesures d’atténuation diminuent ou renforcent le manque d’équité dans les pays et les régions, et entre elles, et entre les générations. Les conclusions à ce propos incluent les points suivants :

  • Équité au sein des nations : La plupart des études montrent que les effets distributionnels d’une taxe sur le carbone sont régressifs, sauf si les revenus de ces taxes sont utilisés directement ou indirectement en faveur des groupes à faibles revenu ; l’aspect régressif peut être totalement ou partiellement compensé par une politique de recyclage des recettes fiscales.
  • Équité entre les nations et les régions : Les scénarios de stabilisation des gaz à effet de serre évalués dans le présent rapport supposent que les pays développés et les pays aux économies en transition limitent ou réduisent d’abord leurs émissions de gaz à effet de serre23. Un autre aspect de l’équité entre les nations et les régions est le fait que l’atténuation des changements climatiques peut compenser le manque d’équité qui serait renforcé par les effets des changements climatiques (voir Question 6).
  • Équité entre les générations : La stabilisation des concentrations dépend plus des émissions cumulées que des émissions annuelles ; les réductions d’émissions par une génération réduira le besoin de réductions pour les futures générations24. L’équité entre les générations peut être renforcée en diminuant les incidences des changements climatiques grâce à des mesures d’atténuation prises par une génération, étant donné que, d’une part, les incidences — qui devraient influer en particulier sur les plus déshérités — diminueraient, et, d’autre part, les générations suivantes seraient confrontées à moins de changements climatiques et leurs besoins d’adaptation seraient donc moindres (voir Question 6).

GTIII TRE Sections 1.3, 2.5.2, 8.2.2, 10.2, & 10.4.5

 

 

Figure 7–5 : Le carbone présent dans les réserves et ressources de pétrole, gaz et charbon est comparé aux émissions de carbone imputables aux combustibles fossiles pour la période 1860–1998, et aux émissions cumulées de carbone fournies par divers scénarios du RSSE et des scénarios de stabilisation du TRE jusqu’en 2100. Les données pour les réserves et ressources actuelles sont représentées dans les colonnes de gauche. Les ressources en pétrole et en gaz non conventionnelles incluent les sables bitumineux, l’huile de schiste, d’autres huiles lourdes, le méthane des couches de houille, le gaz en profondeur dans les zones géopressurées, le gaz des aquifères, etc. Les hydrates de gaz (clathrates) qui, selon les estimations, représentent 12 000 Gt C ne sont pas représentés. Les colonnes des scénarios indiquent les scénarios de référence du RSSE ainsi que des scénarios qui conduisent à plusieurs niveaux de stabilisation des concentrations de CO2. On notera que si d’ici 2100 les émissions cumulées associées aux scénarios du RSSE sont égales ou inférieures à celles des scénarios de stabilisation, cela ne signifie pas que ces scénarios conduisent également à une stabilisation. GTIII TRE Section 3.8.1

GTIII TRE Section 3.8.1



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