Bilan 2001 des changements climatiques :
Mesures d'atténuation

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7 Méthodes d’établissement des coûts

7.1 Fondement conceptuel

L’utilisation de ressources pour atténuer les gaz à effet de serre (GES) entraîne des coûts de substitution dont il faut tenir compte pour prendre des décisions stratégiques raisonnables. Les mesures prises pour réduire les émissions de GES ou pour augmenter les puits de carbone détournent les ressources d’autres usages. L’évaluation des coûts de ces mesures doit idéalement tenir compte de la valeur globale que la société attache aux biens et aux services auxquels elle renonce en raison du détournement de ressources pour assurer la protection du climat. Dans certains cas, la somme des avantages et des coûts sera négative, ce qui signifie que la société a tout à gagner à adopter des mesures d’atténuation.

Cette section traite des enjeux méthodologiques qui se posent lorsqu’on estime les coûts monétaires des changements climatiques. Elle se concentre sur l’évaluation exacte des coûts des mesures d’atténuation visant à réduire les émissions de GES. L’évaluation des coûts et avantages doit reposer sur un cadre analytique systématique afin d’assurer la comparabilité et la transparence des estimations. Un cadre bien établi évalue les coûts comme des changements dans le bien-être collectif reposant sur des valeurs individuelles. Ces valeurs individuelles se reflètent dans la volonté de payer (VDP) afin d’améliorer l’environnement ou dans le consentement à accepter (CAA) une compensation. A partir de ces mesures de la valeur, on peut tirer des mesures comme les pertes ou les gains sociaux résultant d’une politique, le total des coûts des ressources et les coûts de substitution.

Alors que les mesures sous-jacentes du bien-être collectif ont des limites et que l’emploi des valeurs monétaires reste controversé, il semble que les méthodes qui “convertissent” des entrées non marchandes en termes monétaires fournissent des données utiles aux décideurs. Ces méthodes doivent donc être employées en temps et lieu appropriés. On juge également utile de compléter cette méthode d’établissement des coûts fondée sur le bien-être collectif par une évaluation élargie qui comprend les paramètres d’équité et de durabilité des politiques d’atténuation des changements climatiques. Dans la pratique, la difficulté consiste à trouver une définition uniforme et détaillée des principales incidences à mesurer.

Un reproche fréquent que l’on adresse à cette méthode d’établissement des coûts est qu’elle est inéquitable car elle accorde plus de poids aux “bien nantis”. Cela s’explique généralement par le fait qu’une personne qui vit dans l’aisance à une plus grande VDP ou CAA qu’une personne moins bien nantie, les choix opérés reflétant donc davantage les préférences des nantis. Ce reproche est valable, mais il n’existe pas de méthode cohérente et uniforme d’évaluation capable de remplacer intégralement la méthode existante. Les préoccupations que suscite, par exemple, l’équité peuvent être réglées en même temps que l’estimation des coûts de base. Les coûts estimatifs représentent un élément d’information dans le processus décisionnel relatif au changements climatiques qui peut être complété par d’autres données sur d’autres objectifs sociaux, notamment les incidences sur les principales parties prenantes et l’atteinte des objectifs de lutte contre la pauvreté.

Dans cette section, nous analysons la méthodologie d’établissement des coûts et abordons les difficultés qu’il y a à utiliser les différentes méthodes.



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