Bilan 2001 des changements climatiques :
Mesures d'atténuation

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Tableau SPM 1. Evaluation de la réduction potentielle des émissions de gaz à effet de serre sur le plan mondial en 2010 et 2020 (chapitres 3.3 à 3.8 et appendice au chapitre 3)
Secteur
Données historiques d’émissions en 1990

Données historiques de croissance annuelle du Ceq de 1990-1995

Réduction potentielle des émissions en 2010
Réduction
potentielle des
émissions en 2020

Coût net direct par tonne de carbone évité

   
(MtCeq/an)
(%)
(MtCeq/an)
(MtCeq/an)
 
Bâtimentsa
CO2
seul
1,650
1.0
700-750
1,000-1,100
La plupart des réductions peuvent être obtenues à un coût net direct négatif.
Transports
CO2
seul
1,080
2.4
100-300
300-700
La plupart des études indiquent un coût net direct inférieur à25 $/tC, mais selon deux études, ce coût sera supérieur à 150$/tC.
Industry
(gaz autres que CO2 )
2,300
0.4
     
- efficacité énergétique
     
300-500
700-900
Plus de la moitié des réductions peuvent être obtenues à un coût net direct négatif.
- efficacité du matériel      
~200
~600
Les coûts sont incertains.
Industrie
(gaz autres que CO2 )
170
 
~100
~100

Le coût de la réduction des émissions de N2O se situe entre 0
et10 $/tCeq.

Agricultureb

CO2
seul
210
     

La plupart des réductions coûteront de 0 à 100 $/tCeq, les possibilités de coûts nets directs négatifs étant limitées.

  (gaz autres que CO2 )
1,250-2,800
n.a
150-300
350-750
   
Déchetsb CH4
seul
240
1.0
~200
~200

Environ 75 % des économies réalisées par récupération du méthane dans les décharges ont un coût net direct négatif, 25 % ayant un coût de 20 $/tCeq.

 
Applications de remplacement du Protocole de Montréal (gaz autres que CO2 )
0
n.a.
~100
n.a

La moitié environ des réductions est due à une différence dans les valeurs de référence des études et du Rapport spécial sur les scénarios d'émissions. L'autre moitié des réductions peut être obtenue à un coût net direct inférieur à 200 $/tCeq.

Approvisionnement et conversion d'énergie CO2 seul
(1,620)
1.5
50-150
350-700

Il existe des mesures ayant un coût net direct négatif limité.
De nombreuses mesures coûtent moins de 100 $/tCeq.

   
Total  
6,900–8,400d
 
1,900–2,600e
3,600–5,050e
 

a. Les bâtiments comprennent les appareils, les bâtiments proprement dits et leur structure.
b. Pour l'agriculture, l'ampleur de la fourchette est due essentiellement à de vastes incertitudes à propos du CH4, du N2Oet des émissions de CO2 provenant du sol. Les déchets sont dominés par le méthane des décharges et l'on pourrait évaluer les émissions des autres secteurs avec davantage de précision, car elles sont dominées par le CO2 fossile.
c. Inclus dans les valeurs sectorielles indiquées au-dessus. Les réductions s'appliquent uniquement aux mesures de production d'électricité (passage au gaz ou au nucléaire, piégeage et stockage du CO2, amélioration de l'efficacité des centrales électriques et sources d’énergie renouvelables).
d. Le total comprend tous les secteurs indiqués dans le chapitre 3 pour les six gaz. Il exclut les sources de CO2 non liées à l'énergie (production de ciment : 160 MtC, combustion de gaz dans des torchères : 60 MtC, modification de l'occupation des sols : 600-1 400 MtC) et l'énergie totale employée pour la transformation de combustibles dans le secteur de l'utilisation finale (630 MtC). Si l'on ajoutait le raffinage du pétrole et le gaz des fours à coke, les émissions totales de CO2, qui s'élevaient à 7100 MtC en 1990, augmenteraient de 12 %. On notera que les émissions dues à la foresterie et les mesures d'atténuation de leurs puits de carbone ne sont pas incluses.
e. Les scénarios de référence présentés dans le Rapport spécial sur les scénarios d'émissions (pour les six gaz cités dans le Protocole de Kyoto) prévoient des émissions de 11 500 à 14 000 MtCeq en 2010 et de 12 000 à 16 000 MtCeq en 2020. Les évaluations concernant la réduction des émissions correspondent tout à fait aux tendances des émissions de référence dans le scénario B2 du Rapport spécial. Les réductions potentielles tiennent compte de la rotation régulière des investissements. Elles ne se limitent pas à des mesures rentables, mais elles excluent les mesures dont le coût est supérieur à 100 $/tCeq (à l'exception des gaz cités dans le Protocole de Montréal) et celles qui ne seront pas adoptées conformément à des politiques généralement admises.

9. Il n'existe pas de solution unique pour obtenir de faibles émissions à l'avenir, et les pays et les régions vont devoir choisir leur propre voie. Les résultats de la plupart des modèles indiquent que les solutions technologiques connues8 pourraient conduire à un grand nombre de niveaux de stabilisation du CO2 atmosphérique, par exemple 550 ppmv, 450 ppmv ou moins au cours des 100 prochaines années ou davantage, mais leur mise en œuvre exigerait des transformations socio-économiques et institutionnelles. Selon les scénarios, pour obtenir une stabilisation à ces niveaux, une très importante réduction des émissions mondiales de carbone par unité du PIB par rapport aux niveaux de 1990 sera nécessaire. Les progrès techniques et le transfert de technologie jouent un rôle essentiel dans les scénarios de stabilisation évalués dans le présent rapport. Pour le secteur primordial de l'énergie, presque tous les scénarios d'atténuation des gaz à effet de serre et de stabilisation des concentrations se caractérisent par la mise en place de techniques efficaces pour l'exploitation de l'énergie et l'approvisionnement énergétique et par l'emploi d'une énergie à teneur faible ou nulle en carbone. Toutefois, aucune solution technique isolée ne permettra d'obtenir la totalité des réductions d'émissions nécessaires. Les mesures de réduction des sources non énergétiques et des gaz à effet de serre autres que le CO2 représenteront également un potentiel important de réduction des émissions. Le transfert de technologie entre pays et régions élargira le choix des solutions au niveau régional, tandis que les économies d'échelle et l'apprentissage vont abaisser les coûts d'adoption de ces solutions (sections 2.3.2, 2.4, 2.5).

Encadré N° 2 — Techniques d'évaluation des coûts, des avantages et de leurs incertitudes

Pour divers facteurs, des différences et des incertitudes importantes caractérisent les évaluations quantitatives des coûts et des avantages des mesures d'atténuation. Deux catégories de techniques d'évaluation des coûts et des avantages sont décrites dans le deuxième Rapport d'évaluation : les démarches ascendantes, qui partent de l'évaluation de techniques et de secteurs donnés tels que ceux cités dans le paragraphe 7, et les études de modèles descendants, qui partent de relations macro-économiques telles que celles mentionnées dans le paragraphe 13. Ces deux démarches entraînent des différences dans l'évaluation des coûts et des avantages, qui se sont amenuisées depuis la parution du deuxième Rapport d'évaluation. Même si ces différences disparaissaient, d'autres incertitudes subsisteront. On peut évaluer les conséquences potentielles de ces incertitudes en analysant l'effet d'un changement apporté à une hypothèse donnée sur le coût total, à condition de tenir dûment compte de toutes les corrélations entre les variables.

10. L'apprentissage et l'innovation sociaux et l'évolution de la structure institutionnelle pourraient contribuer à l'atténuation des changements climatiques. L'évolution des règles collectives et des comportements individuels pourrait avoir des effets sensibles sur les émissions de gaz à effet de serre, mais elle aurait lieu dans un cadre institutionnel, réglementaire et juridique complexe. Plusieurs études indiquent que les systèmes actuels d'incitation peuvent favoriser une production et des modes de consommation grands consommateurs de ressources qui accroissent les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs, par exemple les transports et le logement. A court terme, il existe des possibilités d'influer sur les comportements individuels et organisationnels grâce à des innovations sociales. A plus long terme, de telles innovations,associées à l'évolution des techniques, pourraient accroître le potentiel socio-économique, surtout si les préférences et les normes culturelles évoluent vers une réduction des émissions et un comportement viable. Ces innovations sont souvent freinées par des résistances, que l'on peut surmonter en encourageant le grand public à participer davantage au processus de prise de décisions. Cela peut contribuer à de nouvelles approches de la durabilité et de l'équité (sections 1.4.3, 5.3.8, 10.3.2, 10.3.4).



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